Skip to main content
Initiatives en faveur du bien-être animal

Financements régionaux et transition de l’élevage : quels leviers pour des modèles plus durables ?

By 25 février 2025avril 1st, 2025No Comments

Type de document : rapport publié par CIWF France

Auteur : CIWF France

Extrait : Le territoire, un échelon clé, à condition d’en faire un levier de transition 
Façonner l’élevage de demain : des leviers régionaux à mobiliser 
L’analyse des politiques régionales en matière d’élevage révèle un manque d’ambition global face aux enjeux de bien-être animal et de transition agroécologique. La plupart des Régions ne mentionnent pas le bien-être animal dans leurs stratégies agricoles, et lorsqu’elles le font, il est rarement traduit en critères concrets et contraignants dans leurs dispositifs d’aide. Lorsqu’elles parlent de transition, les Régions placent souvent l’agriculture biologique au même niveau que la Haute Valeur Environnementale (HVE), une certification qui ne comporte aucun critère sur l’élevage. Les bonifications accordées aux modèles plus durables restent trop faibles, ce qui limite leur impact.
On observe tout de même de fortes disparités territoriales : 
– Pays de la Loire et Bretagne : affichent des objectifs ambitieux, mais leurs dispositifs restent insuffisants pour inverser la dynamique d’industrialisation de l’élevage. 
– Grand Est et Hauts-de-France : privilégient une approche tournée vers la compétitivité et la productivité, avec peu ou pas de conditionnalités favorisant l’agriculture durable 
– Nouvelle-Aquitaine : Région la plus avancée, avec des dispositifs de financements mieux orientés vers l’agriculture biologique et des critères plus exigeants en matière de bien-être animal. L’effet sur les filières d’élevage reste encore à prouver. (…)
Pour que les Régions jouent pleinement leur rôle dans la transformation de l’élevage, cinq évolutions majeures sont nécessaires :
1- Introduire de véritables conditionnalités dans l’accès aux aides publiques (…)
– Exclure du soutien régional les projets qui ne s’engagent pas dans une transition réelle (ex. élevage en cage, surdensités). 
– Intégrer des critères stricts et progressifs pour conditionner l’accès aux aides à des engagements mesurables en faveur de l’environnement et du bien-être animal.
2- Prioriser et bonifier les pratiques vertueuses dans l’attribution des aides (…)
– Orienter en priorité les financements vers les élevages engagés dans une transition agroécologique réelle (élevage plein air, accès au pâturage, autonomie alimentaire). 
– Différencier clairement les niveaux de certification : ne plus mettre sur un pied d’égalité des démarches aux exigences très variables (ex. AB et HVE). 
– Renforcer significativement les bonifications pour les modèles respectueux du bien-être animal et de l’environnement.
3- Anticiper les évolutions réglementaires et accompagner les éleveurs dans la transition (…)
– Orienter en priorité les aides régionales FEADER vers les investissements qui seront concernés par une évolution législative (ex. sortie des cages, amélioration des conditions d’élevage). 
– Mettre en place un plan d’accompagnement spécifique pour les éleveurs concernés, intégrant un soutien financier à l’investissement et à la formation pour réussir leur transition.
4- Soutenir la demande pour les filières en transition et assurer des débouchés aux éleveurs (…)
– Respecter et renforcer les obligations EGAlim, en assurant un approvisionnement durable et local en produits issus de l’élevage dans la restauration collective publique. 
– Prioriser l’investissement dans les outils de transformation (abattoirs, fruitières, etc.) adaptée aux productions durables pour garantir une autonomie de ces filières d’élevage et assurer un lien de proximité entre éleveurs et consommateurs. 
– Développer des filières en Agriculture Biologique, de l’amont à l’aval, pour assurer une meilleure rémunération des éleveurs et inciter à la transition. 
– Renforcer les moyens alloués aux Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) et les recentrer sur un objectif de transition agroécologique.
5- Articuler les politiques publiques pour une transition cohérente (…)
– Soutenir une évolution des cheptels maîtrisée et adaptée aux enjeux environnementaux du territoire, en limitant les décapitalisations subies aujourd’hui dans les fermes les plus engagées dans la transition. 
– Adopter un plan national de transition de l’élevage, articulant un volet relatif à la production avec un volet relatif à la consommation, avec des objectifs chiffrés et territorialisés.
– Faire évoluer la PAC pour aligner les financements européens avec les enjeux de transition, notamment :
1. Encourager la logique « Food Not Feed », et privilégier les cultures pour l’alimentation humaine plutôt que celles destinées à l’alimentation animale. 
2. Rétablir les aides au maintien en agriculture biologique, pour stabiliser les fermes déjà engagées dans la transition. 
3. Augmenter les fonds du Pilier II pour financer plus largement les transitions agroécologiques. 
4. Introduire des éco-régimes liés au bien-être animal, en imposant des critères exigeants et des montants incitatifs. 

Rapport ayant donné lieu à une actualité le 25/02/2025 sur le site de CIWF France : Transition de l’élevage et leviers régionaux : notre nouveau rapport présenté au salon de l’agriculture

Logo de CIWF France
Extrait du site de CIWF France